Un coup de pouce aux 50 et +

Aider les personnes de 50 ans et plus à se repositionner sur le marché du travail. Voilà l’objectif poursuivi par Alterforhum lors de la journée rencontre organisée dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles sur le thème: «Rebondir à 50 ans» (1). Regroupant des professionnels des ressources humaines, des avocats et des consultants, tous bénévoles, Alterforhum avait déjà tenté l’expérience, avec succès, en octobre 2005. «Nous avions alors reçu cent personnes, pour des entrevues individuelles. L’idée n’était pas de leur trouver un emploi, mais bien, de par notre expérience et notre réseau de relations, de les conseiller et de les orienter. Nous essayons d’avoir une approche plus philosophique, humaniste. Nous ne souhaitons pas un résultat chiffré, mais une évolution d’un point de vue humain», explique Chantal Cabuy, directeur des ressources humaines chez Cofinimmo et l’une des fondatrices d’Alterforhum. «Nous avions déjà reçu les CV des participants et une lettre de motivation. Parfois, l’entrevue touchait au B-A-ba du recrutement: des fautes d’orthographe dans le CV, une photo A 4 du candidat en smoking…».

Cette journée, ainsi que celle organisée le 9 juin prochain, ne s’adresse qu’aux personnes qui ont plus de 50 ans, perdu leur emploi et qui ont un niveau minimum de middle management. Il faut en outre qu’elles ne bénéficient pas d’un outplacement. «L’outplacement pour les plus de 50 ans est obligatoire mais certaines sociétés préfèrent payer l’amende que de l’offrir à leurs employés. En outre, ce sont ces derniers qui doivent en faire la demande. Ce qui implique que, pour finir, beaucoup ne bénéficient pas d’un outplacement», constate Chantal Cabuy.

«Les 50 et plus sont encore souvent malmenés», note la DRH. «Les mentalités changent lentement. Une première étape serait d’empêcher qu’on les licencie. Il faut également essayer de créer dans les entreprises des ambiances telles que les gens ont envie d’y rester».

La perception que les gens ont des travailleurs de plus de 50 ans évolue peu. «On leur reproche de manquer de dynamisme. C’est faux. Il faut en rencontrer pour voir combien certains sont encore pleins d’enthousiasme. Et puis il y a des jeunes qui manquent aussi de dynamisme…».

Autre reproche: leur coût. «Il est vrai que parfois certains sont plus chers, mais ce n’est pas toujours le cas. D’autres sont prêts à faire des concessions mais bien souvent les responsables du recrutement estiment que s’ils disent qu’ils sont prêts à gagner moins c’est pour se faire engager et puis continuer à chercher tout en travaillant en espérant trouver mieux ailleurs. Il faut alors leur donner l’envie de rester dans l’entreprise. C’est cela qui est important».

Parmi les autres reproches, figurent encore leur manque de flexibilité – «à mon avis ce n’est pas le cas» – et le fait qu’ils ne sont pas aux goûts du jour – «nous insistons sur l’importance des formations continues». A côté de ces éventuels «défauts», Chantal Cabuy met en avant les qualités des 50 et plus: leur disponibilité, leur expérience ou encore leur côté plus raisonnable. «Certains jeunes universitaires veulent tout et tout de suite…».

Charte de la diversité

Pour sa journée du 9 juin, Alterforhum attend 100 personnes de plus de 50 ans. Au programme de la matinée: des rencontres avec les membres d’Alterforhum notamment, un work- shop sur la création d’une entreprise, des informations sur les statuts, le recrutement, le package salarial… Lors d’un déjeuner, les candidats, qui se seront inscrits à une table, pourront avoir des discussions avec des responsables du secteur qui les intéresse. L’après-midi sera consacrée à des rencontres avec des entreprises. «Nous espérons avoir 10 à 12 entreprises signataires de la Charte pour la diversité lancée par le ministre Cerexhe».

Et en dehors de l’événement? «Il est toujours possible de nous contacter pour des questions. Depuis octobre, nous avons d’ailleurs reçu de nombreux messages».

(1) La journée se tiendra de 9h à 15h30 au 500 avenue Louise à Bruxelles. Les personnes intéressées doivent s’inscrire par e-mail à l’adresse info@alterforhum.be en joignant un curriculum vitae et une lettre de motivation. Le nombre de places est limité.

© La Libre Belgique 2006

 

Article original disponible sur www.lalibre.be